On prépare souvent l’arrivée chez la nounou avec beaucoup de soin : période d’adaptation, transmissions, petites habitudes installées une à une. Le départ, lui, est parfois moins anticipé. Pour un tout-petit qui a passé des mois ou des années chez son assistante maternelle, dire au revoir à sa nounou est vécue comme une vraie séparation avec sa figure d’attachement.
Comment préparer l’enfant ? Quels rituels, mots ou cadeaux pour marquer ce moment ? Et comment gérer sa propre émotion, des deux côtés ?
On vous dit tout 👇
Pour résumer
- 👶 Pour l’enfant, c’est une vraie séparation : il perd un repère sécurisant, et les émotions arrivent parfois plus tard.
- 🗓️ Le départ s’anticipe selon l’âge : quelques jours pour un bébé, 2 à 3 semaines vers 2-3 ans.
- 🎒 Un rituel aide à marquer le passage : goûter, dernier moment partagé, album souvenir.
- ✍️ Le geste sincère compte plus que la forme : lettre, dessin, empreinte ou photo.
- 🎁 Le cadeau n’est pas obligatoire : mieux vaut personnel que coûteux.
- 🤝 Les émotions des adultes sont légitimes : le deuil professionnel côté assmat, le pincement côté parents.
Comment dire au revoir à sa nounou ?
Dire au revoir à sa nounou se prépare à l’avance, avec des mots simples adaptés à l’âge de l’enfant, un rituel de départ (goûter, album souvenir, petit mot) et le temps d’accueillir l’émotion. Côté parents comme côté professionnelle, le geste sincère compte plus que sa forme.
Ce qui se joue au moment du départ
La fin du contrat ne se résume pas à un changement d’organisation. Pour chacun, adultes comme enfant, ce moment marque la fin d’un lien quotidien, présent depuis des mois, voire des années.
Pour l’enfant
Bon à savoir : Pour un tout-petit, l’assistante maternelle est une présence régulière qui participe à sa sécurité affective. Les travaux sur l’attachement, notamment ceux de John Bowlby et Mary Ainsworth, parlent de figure d’attachement secondaire : une personne, en dehors des parents, qui devient un repère stable dans le développement du jeune enfant. 🌱
Au moment du départ, l’enfant ne mesure pas toujours ce qui se passe ! Il quitte la maison comme un autre jour et puis, petit à petit, la séparation commence à se fait sentir. Les manifestations peuvent être discrètes ou différées :
- questions répétées (« Quand est-ce qu’on retourne chez nounou ? »),
- sommeil plus agité,
- petites régressions,
- besoin de réassurance.
Cette période de transition est tout à fait normale : l’enfant quitte son petit monde et perd ses repères. Certains traversent cette étape sans difficulté, d’autres ont besoin de plus de temps.
Pour l’assistante maternelle
L’assistante maternelle connaît bien l’enfant qu’elle accueille : son doudou, sa façon de s’endormir, ses premiers mots, ses peurs. Quand le contrat se termine, elle dit au revoir à un quotidien partagé pendant des mois, voire des années. 🫶
L’émotion ressentie à ce moment, parfois proche d’un deuil professionnel, fait partie du métier. Elle ne traduit pas un manque de professionnalisme, bien au contraire : elle confirme qu’un lien s’est tissé. Les parents le racontent souvent : l’enfant a parlé de la nounou le week-end, l’a réclamée à un moment précis de la journée. Ce sont ces petits signes qui rappellent à quel point l’accueil a compté.
Le saviez-vous ? Cette émotion est particulièrement intense lors de la première fin de contrat. Avec le temps, on apprend à apprivoiser ces séparations sans qu’elles disparaissent vraiment. Et les tout premiers enfants accueillis gardent souvent une place particulière : ce sont eux qui ont accompagné les débuts dans la profession, qui ont vu se construire les premiers gestes, les premiers repères de l’assmat elle-même.
À l’inverse, pour certaines professionnelles, le départ vers l’école peut aussi être vécu comme un soulagement professionnel : on accompagne l’enfant jusqu’à cette étape, puis on passe le relais (la maternelle, le périscolaire) qui n’est plus son cœur de métier.
Pour les parents
La fin de contrat réveille souvent plusieurs émotions à la fois :
- de la reconnaissance pour les années confiées,
- du soulagement quand l’entrée à l’école est attendue,
- un pincement à voir cette étape se terminer.
À cela s’ajoute la difficulté de trouver les bons mots pour remercier la personne qui a partagé le quotidien de leur famille pendant plusieurs mois. Un ressenti fréquent et tout à fait légitime.
Parfois, c’est même le parent qui a du mal à couper le lien : une vraie relation de confiance s’est construite au fil des années. L’enfant, lui, est prêt pour la suite : il a ses copains de classe, ses nouveaux repères.
Préparer l’enfant au départ
Une séparation s’aborde plus facilement quand elle est annoncée à l’avance :
- Annoncer tôt, selon l’âge : quelques jours pour un bébé, deux à trois semaines vers 2-3 ans, parfois davantage
- Repérer le dernier jour sur un calendrier, pour que l’enfant visualise le moment
- Parler de l’après : le nouveau mode de garde, l’école, les autres enfants qu’il va rencontrer
- Nommer les émotions qui peuvent surgir, sans les forcer ni les minimiser
Dans les jours qui suivent le départ, garder les routines (repas, coucher, rituels) que l’enfant avait chez son assmat l’aide à se sentir en sécurité. Les petites réactions passagères, comme le besoin du doudou ou un sommeil plus compliqué s’estompent généralement assez vite.
Les rituels d’au revoir
Marquer le départ avec un petit rituel, c’est offrir à l’enfant un repère pour comprendre que cette étape se termine. Un goûter, une chanson, un dernier moment partagé… à chacun le sien !
Nos idées ✨
- Un goûter de départ avec les autres enfants accueillis : gâteau, jus de fruits, photos souvenirs.
- Un dernier tour du lieu de garde pour revoir ses coins préférés : la cabane, le tapis de jeu, la chambre des siestes.
- Un moment en tête-à-tête avec l’enfant pour lui dire au revoir tranquillement, sans le reste du groupe.
- La remise d’un objet souvenir ou d’un album personnalisé, type « Mes aventures chez nounou ».
- Une comptine, une chanson ou un petit poème que vous avez répétés les derniers jours, et qui reviennent le jour J. Vous pouvez reprendre une comptine connue en changeant les paroles avec le prénom de l’enfant ou même enregistrer une chanson chantée par l’enfant lui-même.
Répéter le même petit rituel sur les derniers jours, la même histoire ou la même chanson au moment du départ, crée un repère rassurant et aide l’enfant à anticiper la séparation.
Les activités manuelles à garder comme souvenir
Fabriquer quelque chose ensemble laisse un souvenir que l’enfant et les parents pourront garder précieusement. Des idées faciles à réaliser en fin de contrat :
- L’empreinte de main ou de pied, sur papier ou sur argile,
- La peinture des mains à offrir aux parents,
- Un cadre photo décoré ensemble,
- Un album souvenir mêlant photos et dessins,
- Un petit carnet qui raconte le quotidien chez la nounou, avec les phrases et les progrès de l’enfant,
- Un photophore ou un objet personnalisé.
Prenez des photos pendant la réalisation de l’activité, pas seulement du résultat fini. Ces images du moment partagé prennent souvent autant de valeur que l’objet lui-même.
Les mots et petits textes pour dire au revoir
Les mots justes ne sont pas toujours les plus longs : quelques lignes sincères suffisent à marquer ce moment. 🥰
Côté assmat, pour l’enfant
Vous pouvez glisser un petit mot à l’enfant, ou plutôt à l’adulte qu’il deviendra : une lettre à lire plus tard, un mot qui résume ce que cet accueil a apporté, des phrases simples comme “Tu seras toujours dans mon cœur” ou “Je suis fière de tout ce que tu as appris ici”. Ces écrits prennent souvent toute leur valeur avec le temps, quand l’enfant les relit des années après.
Côté parents, pour la nounou
Un petit mot sincère touche souvent plus qu’un grand discours. On peut dire simplement ce que l’accueil a représenté : la confiance accordée, les progrès observés, la place prise dans le quotidien. Des exemples qui fonctionnent bien :
- ”Merci d’avoir accompagné notre enfant pendant cette étape importante. Votre présence a compté.”
- ”Merci pour votre patience, vos transmissions et tout ce que vous avez apporté pendant ces années.”
- ”Notre enfant a grandi auprès de vous, avec ses repères et ses souvenirs. Merci pour cette présence au fil des jours.”
Un mot écrit à la main, une anecdote précise, une photo ou une recommandation publique sur un outil de mise en relation comme Nounou-top font aussi très plaisir. Si la relation a été plus compliquée, un message sobre et respectueux suffit.
Quand l’inspiration manque, partir d’un moment précis rend le mot beaucoup plus parlant. Une phrase du type “Je me souviens de la fois où vous m’avez raconté que…” dit bien plus que dix lignes de remerciements généraux.
Le cadeau de départ
Offert ou reçu, un cadeau de départ matérialise le lien et prolonge le souvenir de cet accueil.
Côté parents, pour la nounou
Le cadeau de fin de contrat n’est pas obligatoire et il ne remplace pas la reconnaissance dite avec des mots. Quand on souhaite en offrir un, le personnel touche bien plus que le coûteux !
Plusieurs familles d’idées :
- Un cadeau lié à l’enfant : photo encadrée, album, dessin, création faite avec lui,
- Un cadeau pratique pour son quotidien professionnel,
- Une attention symbolique : une jolie plante, un objet personnalisé, une carte,
- Un geste à plusieurs familles quand plusieurs enfants partent en même temps, pour éviter les disparités et offrir quelque chose de plus marquant, financé à plusieurs.
Côté assmat, pour l’enfant
L’assistante maternelle peut, elle aussi, offrir un petit souvenir à l’enfant qui part : un objet petit, durable, qui restera comme une trace. Par exemple un livre, une photo dans un cadre, ou un objet qu’il a manipulé chez elle. Un objet familier du lieu de garde peut même devenir un objet transitionnel précieux que l’enfant pourra garder comme souvenir.
Laissez l’enfant choisir son objet à l’avance, parfois plusieurs semaines avant le départ. Une peluche qu’il aime particulièrement, un livre qu’il demande souvent… L’objet prend alors une valeur affective forte et l’attente du départ devient une attente joyeuse plutôt qu’une appréhension.
Garder le lien après le départ ?
Faut-il continuer à se voir, échanger des nouvelles, s’inviter aux anniversaires ? Il n’y a pas de réponse unique ! Garder le lien n’est ni une obligation, ni automatique, mais quand la relation a été bonne, cela peut se faire naturellement :
- Un message ou une photo à la rentrée pour donner des nouvelles,
- Une carte envoyée pour le jour de son anniversaire,
- Une visite ponctuelle si la proximité géographique et l’envie de l’enfant s’y prêtent,
- Un goûter ou un repas quand l’assistante maternelle a une place dans son emploi du temps.
De nombreuses assistantes maternelles reçoivent ainsi une photo de rentrée chaque année, même quand les familles ont déménagé. Certaines voient même revenir des anciens accueillis devenus grands ! 🐣
À partir de quel âge un enfant comprend-il qu’il quitte sa nounou ?
Dès 12-18 mois, un enfant ressent les changements de cadre, même s’il ne peut pas encore les nommer. Entre 2 et 3 ans, il commence à comprendre l’idée du dernier jour quand on lui en parle simplement. Avant 18 mois, la verbalisation passe surtout par le ton de voix, les routines et le calme des adultes autour de lui. Les manifestations peuvent aussi arriver plusieurs semaines après le départ, par petites régressions ou questions répétées.
Faut-il revoir la nounou après la fin du contrat ?
Il n’y a pas de règle. Quand la relation a été bonne et que la proximité géographique le permet, un message, une photo ou une visite ponctuelle font souvent plaisir des deux côtés. Côté assistante maternelle, mieux vaut proposer ce lien sans l’imposer et laisser les parents libres. Quand un nouveau mode de garde est en cours d’installation, il vaut parfois mieux attendre quelques semaines pour ne pas perturber les nouveaux repères de l’enfant.
Que faire si l’enfant ne semble pas affecté par le départ ?
Tous les enfants ne réagissent pas de la même façon, et certains vivent la séparation sans manifestation visible. Les réactions peuvent aussi être différées et apparaître plusieurs jours ou semaines après. L’important est de continuer à nommer le passage (« Tu te souviens de Nounou X ? ») et de laisser de la place à l’émotion si elle revient plus tard, sans la provoquer.