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Jeux de motricité extérieurs : la sélection ludique et pédagogique d’une EJE

Jeux de motricité extérieurs : la sélection ludique et pédagogique d’une EJE

Les jeux de motricité en extérieur permettent aux jeunes enfants de bouger, explorer et expérimenter librement leur environnement.

À travers des activités simples et adaptées aux tout-petits, l’extérieur devient un véritable espace d’apprentissage, de découvertes sensorielles et de plaisir partagé.

Courir dans l’herbe, grimper sur une petite butte, marcher pieds nus, transporter des cailloux, suivre un chemin tracé à la craie… Ces gestes simples du quotidien sont en réalité de véritables expériences motrices pour le jeune enfant. 🌱

Dans un contexte où les tout-petits passent de plus en plus de temps à l’intérieur, proposer des jeux de motricité en extérieur permet de répondre à un besoin essentiel : bouger librement, explorer avec tout son corps et expérimenter naturellement son environnement.

Pour vous, le dehors devient alors un véritable espace pédagogique où l’enfant développe sa motricité globale, son équilibre, sa coordination, sa confiance corporelle… mais aussi son autonomie et sa créativité.

Pourquoi la motricité en extérieur est-elle si riche pour le jeune enfant ?

  • À l’extérieur, le corps de l’enfant ne bouge pas de la même manière qu’en intérieur. Les espaces sont plus grands, les sols variés, les contraintes moins nombreuses et les possibilités d’exploration beaucoup plus riches.
  • Dans un salon ou une salle de jeux, les mouvements sont souvent limités par l’espace, le mobilier ou les règles de sécurité.

Dehors, l’enfant peut courir plus loin, grimper, sauter, ramper, contourner, tirer, pousser ou transporter. 🌿

Une expérience sensorielle complète

Chaque environnement devient alors une expérience sensorielle complète :

  • sentir l’herbe sous ses pieds
  • marcher sur du sable ou des graviers
  • grimper sur un tronc
  • écouter les sons du parc
  • observer les reliefs du terrain

Autant d’expériences qui nourrissent le développement moteur, sensoriel et cognitif du jeune enfant.

Une motricité plus libre et plus spontanée

De plus, un enfant qui joue dehors prend davantage d’initiatives motrices : il ose plus facilement essayer, mobilise son corps de manière plus spontanée et développe une meilleure conscience de ses capacités physiques.

En effet, le dehors favorise aussi une motricité plus naturelle, moins dirigée et souvent plus libre.

Les bénéfices de la motricité extérieure chez le tout-petit

Développer la motricité globale

Les jeux extérieurs sollicitent naturellement les grands mouvements du corps :

  • courir
  • grimper
  • sauter
  • ramper
  • escalader
  • pousser
  • tirer

💡 Des actions qui renforcent la coordination générale, l’équilibre, le tonus musculaire et la conscience corporelle.

À l’extérieur, l’enfant dispose généralement de davantage d’espace pour bouger librement. Il peut expérimenter différents mouvements à son rythme, tester ses capacités et relever de petits défis adaptés à son développement.

Cette liberté d’action favorise la maturation progressive des compétences motrices fondamentales qui serviront de base à de nombreux apprentissages futurs.

Les environnements extérieurs offrent également une grande variété de situations motrices. Marcher sur l’herbe, franchir une petite butte, contourner un obstacle naturel ou transporter des objets demandent à l’enfant d’ajuster constamment ses mouvements.

💡 Ces expériences enrichissent sa coordination, son endurance et sa capacité d’adaptation.

En répétant ces actions au fil des sorties, le jeune enfant développe sa force musculaire, affine ses déplacements et gagne progressivement en assurance. Il apprend à mieux maîtriser son corps et à évaluer les risques de manière adaptée à son âge.

Bon à savoir

Cette confiance corporelle constitue un élément essentiel de son autonomie. Plus l’enfant se sent compétent dans ses mouvements, plus il ose explorer son environnement, prendre des initiatives et s’engager dans de nouvelles découvertes.

Pour résumer

La motricité globale se construit au quotidien grâce aux expériences de mouvement variées proposées en extérieur. Courir, grimper, sauter ou transporter des objets permettent à l’enfant de renforcer ses capacités physiques tout en développant sa confiance en lui et son autonomie.

Améliorer l’équilibre et le schéma corporel

Les terrains irréguliers obligent l’enfant à ajuster constamment sa posture. Marcher dans l’herbe, monter une pente ou passer d’un support à un autre stimule aussi fortement l’équilibre dynamique et l’enfant apprend progressivement :

  • à coordonner ses mouvements
  • à anticiper ses gestes
  • à mieux situer son corps dans l’espace

Travailler la coordination œil-main et œil-pied

Par exemple, les jeux de ballon, les lancers, les transvasements ou les parcours stimulent les coordinations indispensables au quotidien. Le schéma corporel se construit également grâce à la diversité des expériences motrices vécues en extérieur.

En explorant différents environnements, l’enfant découvre les possibilités de son corps, prend conscience de ses appuis, de ses limites et de ses capacités. Il apprend peu à peu à adapter ses mouvements en fonction des obstacles rencontrés et des défis proposés.

Cette meilleure connaissance de son corps contribue au développement de la confiance en soi et de l’autonomie. Un enfant qui se sent à l’aise dans ses déplacements ose davantage expérimenter, relever de nouveaux défis et interagir avec son environnement.

Par ailleurs, ces compétences servent ensuite dans de nombreux apprentissages comme tenir des couverts, s’habiller, dessiner, découper ou écrire plus tard.

Pour résumer

Les activités motrices en extérieur permettent à l’enfant de développer son équilibre, sa coordination et sa conscience corporelle. Ces compétences constituent une base essentielle pour ses futurs apprentissages.

Réduire le stress et favoriser la concentration

Le mouvement libre en extérieur aide les jeunes enfants à mieux réguler leurs émotions et leur niveau d’éveil. Courir, grimper, manipuler des éléments naturels ou simplement observer ce qui les entoure leur permet d’évacuer les tensions accumulées et de répondre à leur besoin naturel de mouvement.

De nombreuses professionnelles de la petite enfance constatent qu’après un temps passé dehors, les enfants sont souvent plus détendus, plus disponibles pour les interactions et davantage capables de se concentrer sur une activité.

Bon à savoir

Les espaces extérieurs offrent en effet des stimulations variées mais moins envahissantes que certains environnements intérieurs parfois riches en sollicitations visuelles et sonores.

Le contact avec la nature joue également un rôle important dans le bien-être émotionnel.

Observer les insectes, écouter les oiseaux, sentir le vent ou toucher différentes matières naturelles contribue à apaiser l’enfant tout en nourrissant sa curiosité.

Ces expériences sensorielles favorisent un meilleur équilibre émotionnel et permettent à l’enfant de retrouver un état de calme propice aux apprentissages, aux échanges et aux moments de vie quotidienne.

Pour résumer

Le temps passé dehors n’est pas seulement bénéfique pour le développement moteur. Il participe également au bien-être global de l’enfant en favorisant l’apaisement, la confiance en soi, la disponibilité relationnelle et la concentration.

Quels jeux de motricité proposer dehors ?

Les jeux de motricité globale

Courir et suivre un parcours.

Tracer un chemin à la craie ou installer quelques repères simples permet de créer un mini-parcours moteur. L’enfant peut courir jusqu’à un arbre, contourner des plots, passer sous une chaise ou sauter dans des cerceaux.

Ces jeux développent l’endurance, la coordination, le repérage spatial et la capacité à enchaîner plusieurs actions.

Grimper et escalader

Les petites structures adaptées, les buttes, les rondins ou les troncs permettent de travailler l’équilibre, la gestion du risque, la confiance corporelle et la coordination des mouvements.

Ainsi, le jeune enfant apprend progressivement à évaluer ses capacités.

Ramper et passer dessous

Installer des tunnels, tendre un drap entre deux chaises ou utiliser de grands cartons permet de créer des passages à franchir.

Ramper mobilise fortement la coordination droite/gauche, le tonus et la conscience corporelle.

Les jeux d’équilibre et de schéma corporel

Marcher sur une ligne

Une simple ligne tracée à la craie suffit. L’enfant peut avancer lentement, marcher pieds nus, transporter un objet ou marcher en arrière pour les plus grands.

À partir de 2 ans environ, ce type d’activité devient très pertinent.

Les parcours avec plots ou rondins

Quelques coussins extérieurs, rondins ou pierres plates permettent de créer un petit chemin d’équilibre.

💡 L’objectif n’est pas la performance mais l’expérimentation.

Les jeux sensoriels pieds nus

Marcher pieds nus dans l’herbe, le sable ou les feuilles stimule les appuis, les sensations plantaires, l’équilibre et le schéma corporel.

Les jeux de coordination œil-main et œil-pied

Les jeux de ballon

Même avec un ballon léger, le jeune enfant travaille la coordination, la précision et l’anticipation du mouvement.

On peut alors proposer des lancers dans une caisse, des passes simples ou des petits tirs au pied.

Les jeux de cible avec des éléments naturels

Lancer des pommes de pin dans un panier ou viser un cercle tracé au sol est une excellente activité motrice.

Ces jeux demandent de doser son geste, de viser et de coordonner son regard et son mouvement.

Les jeux de positionnement et de motricité fine

Passe sous la table”, ”saute dans le cercle”, ”mets-toi derrière l’arbre”… Ces consignes enrichissent le vocabulaire spatial tout en mobilisant le corps.

Par ailleurs, la motricité fine se travaille aussi dehors. On pense souvent à la motricité globale en extérieur mais le dehors est aussi un excellent terrain pour développer la motricité fine.

Quelques idées simples :

  • transvaser de l’eau
  • remplir des petits pots avec du sable
  • ramasser des feuilles ou des marrons
  • manipuler des cailloux
  • dessiner à la craie
  • utiliser des pinces pour attraper des éléments naturels

💡 Ces activités renforcent la précision du geste, la coordination œil-main et la concentration.

Les structures de jeux : utiles, mais pas indispensables

Toboggan, cabane, trampoline ou structure gonflable peuvent constituer des supports intéressants pour encourager l’activité physique.

Ils permettent notamment de travailler l’équilibre, la coordination, les déplacements et parfois la prise de risque maîtrisée.

Cependant, ces équipements ne sont pas indispensables au développement moteur du jeune enfant. Les professionnels de la petite enfance constatent que les expériences les plus riches naissent souvent d’environnements simples où l’enfant peut agir librement.

Le véritable moteur du développement n’est pas l’équipement lui-même mais la possibilité pour l’enfant d’explorer, de faire des choix, de recommencer et d’adapter ses mouvements aux situations rencontrées.

Un espace extérieur naturel ou aménagé avec quelques objets du quotidien peut ainsi devenir un formidable terrain d’apprentissages.

Notre conseil

Les meilleures activités motrices sont souvent les plus simples. Un enfant n’a pas besoin d’un grand parcours sophistiqué pour développer ses compétences motrices. Observer ce qui l’intéresse spontanément dehors permet souvent de proposer des jeux beaucoup plus adaptés à ses besoins du moment.

Comment organiser une séance de motricité extérieure ?

Une séance de 30 minutes maximum peut s’organiser très simplement, en adaptant les activités selon l’âge et le stade de développement des enfants.

  1. Temps d’exploration libre : Laisser l’enfant découvrir l’espace, courir et manipuler librement.
  2. Proposition guidée : Proposer une ou deux activités ciblées : parcours, jeux d’équilibre, lancer, rampement.
  3. Retour au jeu libre : L’enfant réutilise spontanément ce qu’il vient d’expérimenter.
  4. Retour au calme : Observer la nature, lire une histoire dehors ou souffler calmement.
Notre conseil

Gardez un petit panier « motricité extérieur » prêt à l’emploi : craies, balles, foulards, pinces, cerceaux, bouteilles à remplir, plots improvisés. Avec très peu de matériel, on peut créer une multitude de jeux moteurs.

Quelques repères

  • Avant 18 mois, privilégier l’exploration sensorielle, les déplacements libres, les surfaces variées, les petits obstacles.
  • Entre 2 et 3 ans, l’enfant commence à sauter, lancer, grimper, suivre de petites consignes motrices.
  • Après 3 ans, les parcours peuvent devenir plus élaborés : enchaînements, équilibre, jeux collectifs simples, défis moteurs.
Le saviez-vous

À titre indicatif, la plupart des enfants marchent entre 11 et 18 mois, commencent à courir vers 2 ans, sautent avec les deux pieds aux alentours de 2 ans et demi à 3 ans, puis gagnent progressivement en équilibre, en coordination et en précision gestuelle.

Les points de sécurité essentiels en extérieur

Sécuriser l’environnement et la surveillance

La sécurité constitue un préalable indispensable à toute activité de motricité en extérieur. Avant de proposer un jeu ou un parcours, il est primordial de vous assurer que l’environnement est adapté à l’âge et aux capacités des enfants accueillis.

Une surveillance active et constante reste nécessaire, même lors d’activités simples, afin d’accompagner les explorations tout en anticipant les situations à risque.

Bien choisir les équipements

Le choix des équipements joue également un rôle important.

  • Les chaussures doivent être confortables, maintenir correctement le pied et être adaptées au terrain.
  • Les vêtements doivent permettre une liberté de mouvement suffisante tout en tenant compte des conditions climatiques et selon les activités pratiquées, certains équipements de protection peuvent être nécessaires.

Vérifier les structures fixes

Lorsque des structures fixes sont utilisées (aires de jeux, toboggans, balançoires ou parcours aménagés), il est recommandé de vérifier :

  • leur bon état général
  • leur stabilité
  • l’absence d’éléments susceptibles de blesser les enfants

Les espaces de réception et les sols amortissants doivent également être pris en compte afin de limiter les conséquences d’une éventuelle chute.

Adapter aux conditions météo

De plus, les conditions météorologiques méritent une attention particulière.

Une forte chaleur, un sol glissant après la pluie, un vent important ou des températures très basses peuvent modifier les capacités motrices des enfants et augmenter certains risques.

Quelques réflexes essentiels :

  • adapter la durée des activités
  • prévoir une hydratation régulière
  • choisir des espaces ombragés

💡 La prévention des chutes ne consiste pas à supprimer toute prise de risque mais à proposer des défis adaptés au niveau de développement de chaque enfant.

Quelle posture adopter en tant qu’assistante maternelle ?

Offrir un cadre sécurisant pour explorer

La posture professionnelle reste essentielle lors des activités de motricité extérieure.

L’objectif n’est pas de faire réussir l’enfant à tout prix ni d’intervenir au moindre obstacle mais de lui offrir un environnement sécurisant dans lequel il peut explorer ses capacités motrices à son rythme.

Votre rôle consiste avant tout à :

  • Sécuriser le cadre en vérifiant l’environnement et en anticipant les risques
  • Observer les initiatives de l’enfant et repérer ses acquisitions
  • Encourager ses efforts par des paroles positives et bienveillantes
  • Laisser expérimenter afin qu’il trouve lui-même des solutions adaptées aux situations rencontrées

Laisser place à l’expérimentation

Face à un défi moteur, il peut être tentant d’aider rapidement l’enfant.

Pourtant, les apprentissages les plus solides se construisent souvent lorsqu’il a la possibilité d’essayer, de se tromper, d’ajuster ses gestes puis de recommencer.

💡 Il s’agit d’une démarche qui favorise donc l’autonomie, la persévérance et la confiance en soi.

Respecter le rythme de chacun

De plus, l’observation attentive permet également d’adapter les propositions aux besoins de chaque enfant. Certains auront besoin d’être rassurés avant d’oser grimper ou sauter, tandis que d’autres rechercheront davantage de défis.

Respecter le rythme individuel de chacun contribue à maintenir le plaisir d’agir et le sentiment de compétence.

Attention

Une activité motrice doit toujours tenir compte de l’état de fatigue, de l’humeur et de la disponibilité de l’enfant. Un tout-petit fatigué, malade ou en période d’adaptation n’aura pas les mêmes besoins qu’un enfant reposé et disponible pour explorer.

Valoriser l’effort plutôt que la performance

Il est important de garder en tête que la valorisation des tentatives est souvent plus importante que le résultat lui-même. Un enfant qui ose essayer une nouvelle action, même sans la réussir immédiatement, réalise déjà un apprentissage précieux.

Il est donc préférable que les encouragements soient portés sur l’engagement, l’effort et les progrès observés plutôt que sur la performance.

Un moment d’échanges et de découvertes partagés

Enfin, la motricité extérieure est aussi un moment privilégié d’échanges et de découvertes.

En accompagnant l’enfant avec bienveillance, disponibilité et confiance, vous favorisez non seulement son développement moteur mais également son épanouissement émotionnel et sa capacité à prendre des initiatives.

Notre conseil

Votre mission ne consiste pas à faire à la place de l’enfant, mais à créer les conditions favorables à ses découvertes. Observer, sécuriser, encourager et respecter son rythme constituent les piliers d’un accompagnement de qualité en motricité extérieure, comme de manière globale.

Isaure Lepinel

Rédigé par

Isaure Lepinel

Éducatrice de Jeunes Enfants diplômée depuis 11 ans, du terrain à la direction de crèche, Isaure écrit aussi depuis 6 ans pour la presse spécialisée petite enfance — avec un livre à son actif.Formée au Snoezelen, au bébé signe et au massage bébé, elle a fait de l’observation et du respect du rythme de chaque […]