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Semaine du goût : le menu bébé et 5 ateliers pour l’automne

Semaine du goût : le menu bébé et 5 ateliers pour l’automne

La 37ᵉ édition de la Semaine du goût vient de s’achever. Vous avez été nombreux à découvrir et enregistrer sur nos réseaux sociaux les propositions de repas imaginées par notre diététicienne. Mais pourquoi limiter ces découvertes à une seule semaine par an ?

L’automne commence à peine : les courges, panais, poires et agrumes restent sur les étals jusqu’en décembre. Nous reprenons ici l’intégralité de ce menu thématique et les cinq ateliers d’éveil sensoriel associés, à tester et décliner à votre rythme tout au long de la saison.

Comment se compose ce menu, jour par jour ? Pourquoi faire toucher, regarder et sentir avant de faire goûter ? Et comment adapter ces découvertes dès 8 à 10 mois ? 🍂

Pour résumer
  • 🗓️ Les fruits et légumes d’automne restent de saison jusqu’en décembre.
  • 🍽️ Un menu thématique sur 5 jours, du plat au goûter, adapté dès 8–10 mois.
  • 👃 80 % du goût passe par la vue, l’odorat et le toucher (flaveur).
  • 🥕 5 ateliers courts avec l’aliment brut avant de passer à table.
  • 👶 Une curiosité alimentaire maximale avant 2 ans, avant la néophobie.
  • 🚫 Ne jamais forcer face à un refus : reproposer l’aliment quelques jours plus tard.

Pourquoi prolonger la Semaine du goût tout l’automne ?

Créée en 1990 et placée sous le parrainage du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, la Semaine du goût réunit chaque mois d’octobre professionnels de l’alimentation, éducateurs et grand public. La 37ᵉ édition s’est tenue du 12 au 18 octobre 2026.

Si l’événement s’adresse historiquement aux écoles, il trouve toute sa place chez les assistantes maternelles et les parents employeurs. Rien n’oblige à concentrer ces expériences sur sept jours : le calendrier des primeurs permet de prolonger la démarche jusqu’en hiver. 🥕

Le menu de la semaine imaginé par notre diététicienne

Cinq jours, cinq thématiques adaptées aux bébés de 8 à 10 mois. Le principe : un atelier de 2 à 3 minutes avant de passer à table pour découvrir l’ingrédient brut par la vue, le toucher ou l’odorat, suivi d’un menu complet qui le décline du déjeuner au goûter avec des saveurs d’automne.

👉 Je découvre le menu de la Semaine du goût

JourThèmePlatDessertGoûter
LundiOrangePurée de carottes et lentilles corail
Émincé de poulet à la crème de potimarron
Mimolette
Compote pomme-abricot
Gâteau à la courge
Quartiers de clémentines
MardiDes textures à croquerCrumble de cabillaud
Rings de courgettes
Comté
Poire enrobée de poudre d’amande
Granola, fromage blanc et fruits rouges
MercrediÀ sentirVelouté de panais au cumin
Boulettes de bœuf au thym
Pommes de terre au laurier
Yaourt au lait de brebis et coulis de manguePain perdu
Compote pomme-coing
JeudiVertVelouté de courgettes à la menthe
Escalope de dinde sauce au cresson
Écrasé de pomme de terre et brocolis
Fromage au pesto vert et kiwiCrème verte (avocat, poire, yaourt)
Pancake aux épinards
VendrediDes aliments rigolosSpaghettis de courgettes
Gnocchis de potimarron et parmesan
Gouda au cumin
Fruit du dragon
Omelette aux pommes et à la cannelle

👉 Retrouvez chaque semaine de nouvelles idées de menus de saison dans l’espace Quotidien de Nounou-top.

Toucher, sentir, regarder : le goût commence bien avant la première cuillère

D’après les recherches de l’Institut Danone, les saveurs perçues sur la langue (le sucré, le salé, l’acide, l’amer et l’umami) ne représentent qu’environ 20 % de la sensation globale du goût. Les 80 % restants relèvent de la flaveur, un ensemble d’informations captées par les autres sens : les arômes rétro-nasaux, la texture, la température et l’apparence visuelle.

Avant d’accepter une cuillère en bouche, le jeune enfant mobilise l’ensemble de ses récepteurs sensoriels :

  • La vue : première étape d’évaluation, l’enfant inspecte la couleur et la forme pour identifier ce qui lui est présenté.
  • Le toucher : palper avec les doigts permet d’anticiper la résistance d’un aliment, sa consistance (molle, collante, lisse) et sa température.
  • L’odorat : mature dès la naissance, le système olfactif transmet des signaux qui préparent la salivation et conditionnent l’appétence.
  • L’ouïe : le bruit émis lorsqu’on brise ou croque un aliment renseigne sur sa texture (croustillant, craquant).

La démarche pédagogique des Classes du Goût, portée par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, souligne que l’éveil aux cinq sens et l’exploration sensorielle répétée constituent le socle de l’apprentissage alimentaire chez l’enfant.

Bon à savoir

L’œil peut être source d’appréhension. Un écrasé d’épinards ou un velouté sombre paraît parfois peu engageant. Permettre à l’enfant de voir et manipuler le légume brut (une feuille d’épinard fraîche ou un brocoli) peut l’aider à appréhender un aliment avant le passage à table.

Avant deux ans : la période idéale pour éveiller la curiosité

Le rapport de l’Institut Danone met en évidence deux étapes successives dans la petite enfance :

  • La phase d’ouverture (avant deux ans) : le nourrisson fait preuve d’une grande réceptivité et accepte volontiers les nouvelles saveurs sans préjugés.
  • La phase de fermeture (dès deux ans) : une réticence marquée face aux aliments inconnus, ou même face à des aliments connus modifiés, peut apparaître. C’est la néophobie alimentaire.
Données sur la néophobie alimentaireRepères observés
Enfants touchésEnviron 75 % des enfants entre deux et dix ans
Début d’apparitionEntre 18 et 24 mois chez la moitié des enfants
Pic de sélectivitéEntre quatre et six ans
Régression naturelleÀ partir de sept ans
Le saviez-vous

Plus la palette de goûts, d’arômes et de textures explorée avant deux ans est diversifiée, plus l’enfant traversera cette phase de sélectivité avec souplesse.

Des ateliers simples à tester avec les aliments du menu

Chaque atelier prend la forme d’un court moment d’exploration de deux minutes, réalisé juste avant de passer à table, en utilisant les ingrédients bruts du menu du jour.

L’atelier orange : en prendre plein les yeux

  • Préparation : disposer sur le plateau une petite courge (ou potimarron), une carotte entière avec ses fanes et une clémentine.
  • Activité : laisser le bébé faire rouler les formes rondes, gratter la peau de la courge et observer les contrastes. Nommer les aliments et la couleur commune.
  • Lien avec l’assiette : annonce le déjeuner (purée carotte-lentilles corail et crème de potimarron) et le goûter (gâteau à la courge).

L’atelier des textures : explorer du bout des doigts

  • Préparation : placer dans deux coupelles distinctes un peu de poudre d’amande et un quartier de poire mûre.
  • Activité : faire glisser la poudre fine entre les doigts de l’enfant, puis lui proposer de presser le fruit fondant. Verbaliser les sensations (c’est doux, ça gratte, ça glisse).
  • Lien avec l’assiette : prépare au crumble de cabillaud du déjeuner et à la poire enrobée de poudre d’amande.

L’atelier des senteurs : réveiller le petit nez avec les aromates

  • Préparation : une feuille de laurier froissée, un brin de thym frais et une pointe de couteau de cumin en poudre.
  • Activité : faire respirer chaque parfum à l’enfant en espaçant chaque présentation d’une trentaine de secondes pour ne pas surcharger son odorat.
  • Lien avec l’assiette : fait écho aux saveurs du velouté de panais au cumin, des boulettes au thym et des pommes de terre au laurier.

L’atelier vert : apprivoiser les légumes sans appréhension

  • Préparation : un fleuron de brocoli cru, quelques feuilles d’épinard fraîches, un demi-avocat et une branchette de menthe.
  • Activité : faire toucher le brocoli (qui rappelle un petit arbre), effleurer la feuille d’épinard et sentir la fraîcheur de la menthe froissée.
  • Lien avec l’assiette : introduit le velouté de courgettes à la menthe, l’écrasé brocolis-pommes de terre et le pancake aux épinards.

L’atelier des formes : s’amuser avec la découpe dans l’assiette

  • Préparation : quelques rubans fins de courgettes taillés en spaghettis et un gnocchi tiède non cuisiné.
  • Activité : enrouler les lanières autour des doigts, faire rebondir le gnocchi sur la table et observer les volumes.
  • Lien avec l’assiette : prépare aux spaghettis de courgettes et aux gnocchis de potimarron du midi.

Nos repères pour des ateliers tout doux (et sans forcer)

À 8 ou 10 mois, l’atelier ne requiert aucun protocole formel : l’adulte guide et nomme, l’enfant regarde, touche et sent à son rythme. Les activités plus structurées (jeux de reconnaissance à l’aveugle, verbalisation des saveurs) sont adaptées vers deux ou trois ans.

  • Une découverte à la fois : évitez de cumuler une texture inconnue et une saveur forte au sein du même repas.
  • Répéter patiemment : il faut parfois présenter un ingrédient sous la même forme entre huit et dix fois avant qu’il ne devienne familier et accepté.
  • Ne jamais insister en force : les souvenirs de repas désagréables marquent durablement les tout-petits. Face à un refus, retirez l’assiette calmement et proposez à nouveau le légume quelques jours plus tard.
Le saviez-vous

Et pourquoi ne pas partager les exploits de votre petit explorateur sur Quotidien ? Qu’il patouille avec enthousiasme ou observe curieusement chaque texture, vos photos à la maison sont la plus belle source d’inspiration pour donner des idées aux parents et célébrer ensemble les premières découvertes de bébé !

Lectures et repères utiles

  • La flaveur : combinaison de sensations perçues en bouche, intégrant le goût, les odeurs rétro-nasales, la consistance et la température.
  • La voie rétro-nasale : passage par lequel les molécules odorantes remontent de l’arrière de la gorge vers les fosses nasales lors de la mastication.
  • La néophobie alimentaire : étape normale du développement de l’enfant caractérisée par la réticence à consommer de nouveaux aliments ou des aliments préparés différemment.

Sources et documents de référence :

Quand se déroule la Semaine du goût ?

L’événement a lieu chaque année au cours du mois d’octobre. La 37ᵉ édition s’est tenue du 12 au 18 octobre 2026.

À quel âge peut-on commencer ces petits ateliers ?

Dès 8 à 10 mois sous la forme d’une courte observation sensorielle guidée par l’adulte. À partir de deux à trois ans, l’enfant peut participer plus activement à des ateliers de reconnaissance sensorielle.

Que faire si l’enfant refuse de goûter après l’atelier ?

Proposez une petite cuillère sans exercer de pression. S’il n’en veut pas, ne compensez pas immédiatement par un aliment de substitution et réintroduisez ce produit quelques jours après, dans une ambiance détendue.

L’enfant peut-il aider à cuisiner ?

Dès deux ans, sa participation active est un excellent levier d’apprentissage : mélanger une pâte, écosser des légumes ou découper avec un emporte-pièce sécurisé stimule l’envie de manger ce qu’il a lui-même préparé

Leslie de Nounou-top

Rédigé par

Leslie de Nounou-top

Responsable de la stratégie de contenu, Leslie traque les informations complexes pour les transformer en outils pratiques et faciles à lire. Dotée d’un esprit en ébullition constante, elle observe le monde avec un regard atypique, drôle et profondément humain. Quand elle ne fait pas une fixette sur l’astronomie, les ratons laveurs ou le chocolat noir, […]