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Angoisse de séparation bébé : comprendre les 3 vécus

Angoisse de séparation bébé : comprendre les 3 vécus

Les premiers jours chez vous sont souvent riches en émotions. Un bébé qui pleure à l’arrivée, un parent qui hésite à partir, vous qui vous demandez si vous faites « comme il faut »… Ces situations sont fréquentes et peuvent être éprouvantes pour tout le monde.

Pourtant, dans la grande majorité des cas, l’angoisse de séparation est une étape normale du développement de l’enfant. Elle ne signifie ni que l’adaptation est ratée, ni que l’enfant souffre chez son assistante maternelle, ni que les parents ont fait un mauvais choix.

Le véritable défi consiste à comprendre ce qui se joue pour chacun. En effet, au moment de la séparation, trois personnes vivent trois expériences émotionnelles différentes : l’enfant, ses parents et vous.

En comprenant ces trois vécus, vous pouvez adopter une posture plus sereine, rassurer les familles et accompagner l’enfant avec davantage de justesse.

On vous éclaire. 👇

Qu’est-ce que l’angoisse de séparation ?

L’angoisse de séparation est une réaction émotionnelle normale qui apparaît au cours du développement du jeune enfant.

Jusqu’à plusieurs mois, le bébé vit dans une impression de continuité avec ses figures d’attachement et progressivement, son cerveau évolue : il comprend que ses parents existent même lorsqu’il ne les voit plus. Cette grande avancée cognitive, appelée permanence de la personne (ou permanence de l’objet), lui fait également prendre conscience qu’ils peuvent s’éloigner.

Pour rappel

C’est cette découverte qui fait naître l’inquiétude.

Autrement dit, si le bébé pleure lorsque son parent part, ce n’est pas parce qu’il est « capricieux » mais parce qu’il comprend désormais que la séparation est réelle, sans encore avoir la certitude que le parent reviendra. Cette étape est essentielle et le signe que son développement psychique progresse.

Le saviez-vous

L’angoisse de séparation est également souvent appelée « angoisse du 8ᵉ mois« . Mais en réalité, elle peut apparaître entre 6 et 10 mois selon les enfants.

Face aux pleurs, certains parents culpabilisent rapidement.

« Il pleure autant… c’est peut-être qu’il n’est pas bien ici.« 

D’autres se demandent si l’assistante maternelle a fait quelque chose de travers.

En réalité, les pleurs de séparation ne permettent pas, à eux seuls, de conclure que l’accueil se passe mal, au contraire.

Un enfant qui s’attache à ses parents manifeste souvent davantage son émotion lorsqu’il doit les quitter, et c’est précisément parce que ce lien est sécurisant que la séparation lui demande un effort psychique.

Bien sûr, chaque situation mérite d’être observée dans son ensemble. Mais des pleurs au moment du départ, suivis d’un apaisement quelques minutes plus tard, sont extrêmement fréquents.

Ce qui compte, c’est surtout :

  • la rapidité avec laquelle l’enfant retrouve son calme
  • sa curiosité pour jouer
  • sa capacité à créer progressivement un lien avec l’assistante maternelle
  • son bien-être au cours de la journée

Comprendre la théorie de l’attachement en quelques mots

Pour accompagner les séparations, il est important de connaître les grands principes de la théorie de l’attachement.

Le jeune enfant construit des liens privilégiés avec les adultes qui répondent régulièrement à ses besoins physiques et émotionnels.

Ces personnes deviennent ses figures d’attachement.

Le parent reste naturellement la figure principale mais avec le temps, si vous êtes stable, disponible et sécurisante, vous deviendrez une figure d’attachement secondaire. Cela ne signifie pas qu’elle remplace les parents mais qu’elle offre simplement à l’enfant une nouvelle base de sécurité qui lui permet d’explorer, de jouer, d’apprendre et de patienter jusqu’au retour de sa famille. Cette construction prend du temps et elle ne peut pas être accélérée.

Elle repose sur des centaines de petites expériences quotidiennes et répétées :

  • être consolé
  • être accompagné avec bienveillance
  • être compris
  • retrouver toujours le même adulte
  • vivre des journées prévisibles

Et petit à petit, l’enfant apprend que même si sa maman ou son papa partent, il est en sécurité ici aussi.

Les trois vécus de la séparation

Le moment du départ ne raconte pas une seule histoire mais il en raconte bel et bien trois. Comprendre ce que chacun traverse permet d’éviter de nombreuses incompréhensions.

Ce que vit l’enfant

Pour le jeune enfant, la séparation représente un important travail psychique. Il ne joue pas la comédie et ne cherche pas à manipuler l’adulte mais exprime une émotion authentique.

Au moment où son parent disparaît, plusieurs sentiments peuvent se mélanger :

  • la peur de perdre sa figure d’attachement
  • l’incertitude sur son retour
  • la difficulté à gérer seul une émotion intense
  • le besoin d’être contenu par un adulte rassurant.

Les pleurs constituent alors une stratégie normale pour rechercher la proximité de l’adulte auquel il est attaché. Puis, lorsque vous accueillez cette émotion avec calme, l’enfant retrouve progressivement un état de sécurité.

Bon à savoir

C’est cette succession de séparations et de retrouvailles réussies qui construit peu à peu sa confiance. Un enfant n’a pas besoin qu’on fasse disparaître son émotion immédiatement, il a surtout besoin qu’un adulte reste calme, disponible et convaincu qu’il est capable de traverser ce moment.

Ce que vit le parent

La séparation est rarement difficile uniquement pour l’enfant. Les parents traversent eux aussi une étape importante. Confier son bébé, parfois pour la première fois, peut réveiller :

  • un sentiment de culpabilité
  • la peur d’être remplacé
  • l’impression d’abandonner son enfant
  • des inquiétudes concernant la qualité de l’accueil

Lorsque le parent part avec les larmes aux yeux ou hésite longuement sur le pas de la porte, ce n’est pas forcément le signe qu’il manque de confiance envers vous, mais simplement parce qu’il vit lui aussi une séparation. Cette émotion est normale et mérite d’être accueillie avec autant de bienveillance que celle de l’enfant.

Notre conseil

Si vous vous montrez rassurante, que vous expliquez ce qui se passe et transmettez rapidement des nouvelles lorsque l’enfant s’est apaisé, vous aidez énormément les familles à vivre cette période plus sereinement.

Ce que vous vivez

La troisième personne souvent oubliée, c’est vous. Pourtant, voir un enfant pleurer chaque matin peut être éprouvant pour vous aussi.

Beaucoup d’entre vous se demandent :

  • Est-ce que je fais bien ?
  • Pourquoi ne s’arrête-t-il pas ?
  • Les parents vont-ils penser que je ne sais pas faire ?

Certaines peuvent même ressentir une forme d’impuissance ou absorbent malgré elles les émotions du parent et de l’enfant.

Pourtant, votre rôle n’est pas de faire disparaître instantanément les pleurs.

  • Votre rôle est d’être le tiers sécurisant.
  • Votre calme devient un repère.
  • Votre stabilité aide l’enfant à réguler progressivement ses émotions.
  • Et votre posture rassure également les parents.

C’est précisément parce que vous restez sereine au cœur de cette tempête émotionnelle que chacun peut peu à peu retrouver confiance.

Bon à savoir

L’angoisse de séparation peut réapparaître alors que tout semblait acquis. Après des vacances, une maladie, un changement de rythme ou un événement familial, il est fréquent qu’un enfant manifeste de nouveau des difficultés au moment de la séparation. Ce retour en arrière est généralement temporaire et fait partie du développement émotionnel du jeune enfant.

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Isaure Lepinel

Rédigé par

Isaure Lepinel

Éducatrice de Jeunes Enfants diplômée depuis 11 ans, du terrain à la direction de crèche, Isaure écrit aussi depuis 6 ans pour la presse spécialisée petite enfance — avec un livre à son actif.Formée au Snoezelen, au bébé signe et au massage bébé, elle a fait de l’observation et du respect du rythme de chaque […]