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Angoisse de séparation : soutenir les parents

Angoisse de séparation : soutenir les parents

Accompagner un enfant, c’est aussi accompagner ses parents parce qu’eux aussi vivent parfois une séparation difficile. Ils peuvent culpabiliser de laisser leur bébé.

Ils peuvent craindre que leur enfant vous préfère. Ils peuvent également avoir peur d’être jugés lorsqu’ils partent avec un enfant en pleurs.

Et c’est là que votre posture peut faire toute la différence.

Comment soutenir les parents pendant cette période ?

Vous souhaitez d’abord comprendre ce qui se joue ? Angoisse du 8e mois, théorie de l’attachement, les 3 vécus… On vous explique tout ici

Déculpabiliser les parents

Entendre que leur enfant pleure est souvent très douloureux. Prenez le temps d’expliquer que cette réaction est fréquente.

Vous pouvez dire par exemple : « Il a le droit d’être triste de vous quitter… et il a aussi le droit de passer une bonne journée ensuite. Les deux ne sont pas incompatibles. »

Pour rappel

Cette phrase rassure souvent les familles.

Donner rapidement des nouvelles

Un simple message quelques minutes après le départ peut parfois transformer toute la journée d’un parent.

Par exemple : « Il s’est apaisé après cinq minutes. Il joue maintenant avec les cubes. »

Quelques mots suffisent souvent à faire retomber une forte culpabilité.

Valoriser le lien parent-enfant

Certains parents craignent que leur enfant s’attache davantage à vous.

Il est alors important de rappeler que les liens d’attachement ne sont pas en concurrence. Au contraire. Un enfant qui crée une relation de confiance avec vous ne remplace pas ses parents, il élargit simplement son cercle de sécurité.

Construire une période d’adaptation qui sécurise chacun

La période d’adaptation est extrêmement importante car c’est le moment où chacun apprend à se connaître. L’enfant découvre un nouvel environnement. Les parents apprennent à faire confiance. Vous observez les habitudes, les besoins et le tempérament de l’enfant. 🔎

Pour favoriser une adaptation sereine, il est souvent utile de :

  • commencer par des temps de présence courts
  • augmenter progressivement leur durée
  • permettre au parent d’être présent lors des premières rencontres
  • respecter autant que possible le rythme propre de l’enfant
  • échanger régulièrement avec les parents sur les progrès observés.

Il n’existe pas de durée idéale, certaines adaptations se construisent en quelques jours alors que d’autres demandent plusieurs semaines. L’essentiel est d’avancer au rythme de l’enfant, sans brûler les étapes.

Attention

Évitez de comparer les réactions des enfants ou de promettre aux parents une durée précise d’adaptation. Chaque enfant construit son sentiment de sécurité à son propre rythme, en fonction de son tempérament, de son histoire et des changements qu’il traverse. Une séparation difficile ne signifie pas qu’il ne s’adaptera pas mais qu’il a besoin de temps, de repères stables et d’un accompagnement bienveillant.

Les retrouvailles du soir : un moment souvent mal interprété

Après une journée qui s’est très bien déroulée, certains parents sont surpris de retrouver un enfant qui éclate en sanglots ou qui se met en colère dès qu’ils arrivent.

Ils pensent parfois qu’il a passé une mauvaise journée.

Pourtant, ce n’est généralement pas ce qui se joue.

En réalité, toute la journée, l’enfant mobilise beaucoup d’énergie pour s’adapter, et lorsqu’il retrouve enfin sa figure d’attachement principale, il peut relâcher cette tension.

Les psychologues parlent alors de décharge émotionnelle.

Les retrouvailles deviennent alors le moment où toutes les émotions retenues trouvent enfin une issue et cela peut se traduire par :

  • des pleurs
  • de la colère
  • un besoin intense de câlins
  • un refus de vous quitter
  • une grande excitation

Ces réactions sont souvent déroutantes mais elles sont généralement normales.

Notre conseil

Il est alors important d’expliquer ce phénomène aux parents afin qu’ils ne l’interprètent pas comme un signe d’échec de l’accueil. Au fil des séparations et des retrouvailles, l’enfant découvre peu à peu une certitude essentielle : ses parents partent… mais ils reviennent toujours. C’est cette expérience répétée qui nourrit sa sécurité affective et lui permet de grandir sereinement.

Quand une adaptation se passe difficilement

Toutes les adaptations ne suivent pas le même rythme. Certains enfants s’apaisent en quelques jours et d’autres demandent davantage de temps.

Lorsque les difficultés persistent, il est important de prendre du recul.

Posez-vous ces quelques questions :

  • L’adaptation a-t-elle été suffisamment progressive ?
  • Les horaires sont-ils adaptés au rythme de l’enfant ?
  • Y a-t-il eu récemment un changement familial ?
  • L’enfant dort-il suffisamment ?
  • Les rituels sont-ils cohérents entre la maison et le lieu d’accueil ?

Très souvent, quelques ajustements suffisent.

Bon à savoir

En revanche, si l’enfant reste inconsolable toute la journée pendant plusieurs semaines, refuse systématiquement de manger ou de dormir, ou semble en souffrance dans tous ses lieux de vie, un échange approfondi avec les parents est nécessaire.

Gérer ses propres émotions en tant qu’assistante maternelle

Accueillir les émotions des autres est au cœur du métier et cela peut être éprouvant. Voir un enfant pleurer chaque matin peut générer :

  • un sentiment d’impuissance
  • la peur de ne pas être à la hauteur
  • le doute sur ses compétences
  • une fatigue émotionnelle.

Ces ressentis sont légitimes et ne font pas de vous une mauvaise professionnelle. Au contraire, ils montrent votre implication. L’important est de ne pas rester seule.

Échanger avec d’autres assistantes maternelles, participer à des groupes d’analyse de pratiques ou discuter avec les professionnels de la PMI permet de prendre du recul.

N’oubliez jamais que les pleurs ne sont pas une évaluation de votre travail.

Notre conseil

Aucune séparation ne ressemble à une autre. Ne cherchez pas à appliquer une méthode toute faite : observez chaque enfant, échangez avec ses parents et adaptez votre accompagnement à son rythme. C’est cette qualité d’observation et cette alliance éducative qui font toute la différence.

Vous cherchez les bonnes pratiques concrètes et les erreurs à éviter ? Rituels, doudou, rester calme, 5 erreurs à ne pas faire… c’est dans notre article dédié.

Isaure Lepinel

Proposé par

Isaure Lepinel

Éducatrice de Jeunes Enfants diplômée depuis 11 ans, du terrain à la direction de crèche, Isaure écrit aussi depuis 6 ans pour la presse spécialisée petite enfance — avec un livre à son actif.Formée au Snoezelen, au bébé signe et au massage bébé, elle a fait de l’observation et du respect du rythme de chaque […]